Catégorie : Parcs et jardins

Éléments pour Reproduction Dangereuse (version 0.0)

Le pouvoir qui contrôle la capitale est constitué de scientifiques idéalistes angoissés par la gestion d’une crise permanente. Les scientifiques au pouvoir et leurs techniciens sont sélectionnés pour leur capacité à improviser des solutions d’urgence face aux dérégulations sociales, environnementales et économiques les plus graves. Ils ne manquent pas d’idées, n’y de travail, mais leurs idées doivent être obligatoirement testés scientifiquement avant d’être mise en application. De nombreux projets sont en cours d’évaluation. Ils sont ultra-secrets pour la plupart.

Le coût de ces recherches expérimentales est considéré par beaucoup comme la cause principale de la crise. Les représentants des classes moyennes qui demandent des comptes depuis longtemps sur ces expérimentations secrètes, excédés de ne jamais recevoir de réponses, complotent pour renverser le régime.

La jeunesses des classes aisées s’habillent avec excentricité. Elle ne fréquente que les écoles et les lieux de loisirs qui lui sont réservés.

La société est formés de castes d’inspiration folklorique enclavées dans des quartiers sécurisés.

Habituellement, l’étude des arts, considéré comme un loisirs de luxe, n’est accessible qu’aux enfants des hauts fonctionnaires. Jensen a été exceptionnellement accepté dans la plus prestigieuse école d’art car il dessine, d’aprés nature et de mémoire, avec une précision supranormale depuis son plus jeune age.

Les citoyens autorisés à vivre en ville respecte un code de comportement social réglementé. Tout manquement à ce code comportemental est passible d’exclusion immédiate. L’exclusion peut frapper les citoyens des classes moyennes comme ceux des classes les plus aisées.

En dehors des villes sécurisés, reliées entre elles par un réseau de tunnels commence le no man’s land. Il s’agit d’une immense zone géographique, désertée à la suite d’une catastrophe environnementale. Le pouvoir central n’a plus les moyens d’y exercer son autorité. Les frontières sont réduites autour de mégapoles d’activités spécialisées ; industrie, santé, éducation, recherche scientifique. Les mégapoles sont devenus des micro-états corporatistes. Seules les classes les plus aisées et leurs collaborateurs peuvent circuler librement entre les mégapoles. La circulation des classes moyennes est réduite par de nombreuses prérogatives. Il faut être malade pour se rendre dans la cité de la santé, en vacances pour aller dans celle des loisirs, cobaye ou chercheur pour visiter la cité des sciences. Malgré ces quelques restrictions, la plupart des citoyens sont heureux de leurs conditions de vie.

Les classes défavorisées n’existent plus dans les grandes villes, elles survivent dans le no man’s land où cohabite une population extrêmement disparate constituée de tous les inadaptés à l’organisation des mégapoles. Souvent regroupés en bandes ou en familles, les habitant du no man’s land sont pour la plupart des nomades qui se déplacent en squattant les infrastructures urbaines abandonnées pendant la catastrophe environnementale. Dans certains endroits, tout fonctionne encore comme si l’énergie était inépuisable. Les groupes installés dans ce genre de résidences se sédentarisent et protègent leurs territoires. Les médecins sont rares dans le no man’s land, le moindre accident ou une infection bénigne peut avoir de graves conséquences.

Les zones les plus organisée du no man’s land gardent des contacts sporadiques avec l’autorité centrale. Elles sont considérées par les mégapoles comme des implantation pionnière d’une éventuelle revitalisation du territoire.

Une multitudes de villages parsème les vallées qui abritaient les anciennes plantations hydroponiques. Remisent en activité par une nouvelle génération d’ingénieurs agronomes, elles commencent à alimenter les mégapoles en produits frais. La population est devenu en grande majorité végétarienne après la première grande épidémie bovine. L’abattage totale du cheptel bovin a été la seule solution pour éradiquer l’infection virale transmissible à l’homme. Les poules et les cochons furent ensuite éliminés par prévention des les premières alertes épidémiques. De nombreuses anciennes races d’animaux domestiques sont complètement éteintes. Le cheval, l’autruche, le chien et le chat sont les seuls mammifères à avoir échappé à l’éradication massives des espèces proches de l’homme. Les autres espèces, dites sauvages, n’étant depuis longtemps plus présentes que dans les banques de séquençage ADN de la cité des sciences.

Souvent clochardisés, les derniers humains carnivores ne sont intégrés à aucune bande, ils survivent souvent seuls en chassant les mammifères de plus en plus rares et contaminés comme les chiens ou les chats. Pour de nombreux exclus qui ont survécu à cette période, il s’agit de souvenirs difficiles à évoquer. Jensen est passé par là avant de rencontrer Fulcanelli. Une étude du bureau du recensement affirme que 76% des exclus décèdent pendant les quinze jours qui suivent leur entrée dans le no man’s land. Selon un organisme chinois indépendant, ce pourcentage serait bien plus élevé. Pour cette raison, d’immense zones du no man’s land sont encore totalement désertes et ceux qui prétendent les avoir exploré racontent des histoires que personne ne croit.

Aprés la catastrophe écologique, les habitants du no man’s land se sont rapidement familiarisés avec les modification du climat, de la faune et de la flore. Plus rien ne les étonnent. Les amoureux attendent l’apparition d’un ciel illuminé de micro-particules luminescentes pour se déclarer leur flammes et ils s’offrent des fleurs qui sont loin de ressembler à des roses ou des marguerites.

Fulcanelli élabore une théorie scientifique pour expliquer le bouleversement écologique dont il assure la nomenclature et la description systématique. Son programme de recherche est financé par les édiles de l’autorité centrale avec qui il entretient des relations privilégiées. Il possède un laisser passer pour circuler entre les mégapoles. Fulcanelli est passionné par la vie des grands découvreurs. Il admire surtout Isaac Newton dont il se croit, lorsqu’il est très fatigué ou enivrer, la réincarnation. Il s’imagine alors le père d’une nouvelle théorie universelle totalement révolutionnaire sans jamais réussir à la formuler une fois l’ivresse passée.

REPRODUCTION DANGEREUSE

ATELIER ECOLE DE DESSIN / INTERIEUR / JOUR

En gros plan, une main achève un dessin sur une tablette tactile. L’image achevée est immédiatement partagée, elle circule de tablette en tablette autour d’une table de travail où sont rassemblés des étudiants en art très élégants. Le dessinateur est félicité par la joyeuse assemblée. C’est Jensen, le héros de cette histoire, il porte un uniforme en toile brute coupé comme un bleu de travail constructiviste avec des décorations discrètes sur la poitrine. On comprend à son costume qu’il n’appartient pas à la même classe sociale que les autres étudiants qui portent des habits plus élégants.

INSERT

Une série de plans montre que l’image qui amusait les étudiant fait le buzz partout en ville.

Tous ses lecteurs éclatent de rire à la vue de l’image.

- des étudiants sur un campus.

- des ouvriers sur une chaîne de montage.

- des militaires à la caserne.

COULOIR ADMINISTRATION/INTERIEUR/NUIT

Un fonctionnaire en uniforme avance dans un couloir en regardant sa tablette et rigole lui aussi. Il pousse une porte qui se referme après son passage.

BUREAU ADMINISTRATION/INTERIEUR/NUIT

Le fonctionnaire donne sa tablette à un collègue jeune et décontracté assit derrière un bureau.

LE FONCTIONNAIRE

Vous avez le nom du dessinateur ?

LE FLIC (excité)

Yukawa. Regardez plus loin. Y’a une autre image.

Le fonctionnaire se marre en découvrant l’image suivante. D’un des tiroirs, il sort un dossier où la photo de Jensen est agrafée en face profil, on y lit: Jensen Yukawa II, étudiant à l’académie supérieure de peinture. Le fonctionnaire s’empare d’un tampon sur son bureau et oblitère, en énorme, la couverture du dossier avec les mots :

REPRODUCTION DANGEREUSE

Le fonctionnaire glisse le « dossier Yukawa » dans un casier qui porte l’inscription : EXPULSION IMMEDIATE.

POSTE DE DOUANE /EXTERIEUR NUIT

Jensen fait la queue avec d’autres expulsés devant un poste de douane. C’est l’ultime contrôle. Derrière le grillage électrifié qui court sur des kilomètres commence le no’mans land. Des vendeurs à la sauvette harcèlent les expulsés en leur proposant divers produits: Armes, nourriture, couvertures. Une famille devant lui achète une carabine. C’est un couple avec un bébé. Ils portent des costumes de notable.

LE PERE (à Jensen)

Vous allez où?

JENSEN

Je ne sais pas.

LA MERE

Nous, on va vers la côte… J’ai entendu dire qu’il fallait se grouper… L’intérieur des terres est très dangereux… (avec un air malin) C’est ce qu’ils racontent.

La famille arrive devant le barrage de police. On inspecte leurs bagages. Un flic sort un luxueux disque dur de la couche du bébé qui hurle.

LE FLIC (avec le collier)

C’est pas de la merde.

Les flics obligent la famille à se déshabiller entièrement. La fouille des flics s’avère très fructueuse, un vrai trésor s’entasse sur la table ; argent bijoux, gadgets hitech. La mère, nue, son enfant dans les bras, prend à partie le service d’ordre.

LA MERE (folle de rage)

Vous n’avez pas le droit ! C’est à nous. (Repoussée, elle perd l’équilibre et tombe par terre avec son bébé dans les bras.)

Un officier élégant l’aide à se relever. Les douaniers, après avoir restitué les effets sans valeur et la carabine récemment achetée, les pressent de se rhabiller, puis leur font signe de déguerpir.

Jensen passe le contrôle à son tour, sa puce sous-cutanée d’identité est désactivée par l’officier élégant.

L’OFFICIER (souriant)

Bon voyage.

APRES LE BARRAGE / EXTERIEUR NUIT

Des expulsés sur le départ font leurs derniers préparatifs avant de se mettre en route. Un homme se détache du groupe et accoste la famille qui vient de franchir le barrage devant Jensen.

L’HOMME (au père)

Nous avons constituer un groupe… Venez avec nous… On a des armes.

LE PERE

Moi aussi ! (Il montre fièrement sa carabine)

Jensen s’approche d’eux.

JENSEN (au père)

Vous allez où ?

L’HOMME (au père)

Vous le connaissez ?

LE PERE

Non, il était derrière nous au barrage.

L’HOMME (méfiant à Jensen)

T’as pas d’arme ?

JENSEN

J’ai rien, et je ne sais pas où aller. Je préfère rester avec vous.

L’HOMME

Et moi, je ne veux pas de toi.

Il tourne les talons et rejoint son groupe qui se met en route.

LE PERE (très ennuyé à Jensen)

Il ne veut pas de vous.

JENSEN

C’est pas grave…

LE PERE

Alors, on vous laisse… Bonne chance.

La famille court derrière le groupe qui a déjà pris de l’avance

ROUTE / EXTERIEUR JOUR

Jensen marche seul le long de la route. Il traverse des zones industrielles désertes et des espaces verts. Le paysage est triste. Il pleut.

Au détour d’un virage, Jensen découvre plusieurs cadavres sur le bas coté de la route. Il reconnaît la femme maltraitée au poste de douane. Elle est morte, comme son bébé encore dans les bras. Plus loin, son mari, avec une balle entre les deux yeux. Epouvantée, Jensen quitte la route et s’enfonce dans les fourrés.

PLAGE/EXTERIEUR/NUIT

Jensen crasseux, avec une barbe de plusieurs jours et les vêtements en haillons, campe dans l’épave d’un bateau échoué sur la plage. Il regarde une ligne d’éoliennes qui traverse, au large, l’horizon. La plupart sont arrêtées, certaines sont effondrées.

Un chien squelettique surveille le campeur à distance. Jensen secoue sa main, comme s’il lui tendait une friandise pour l’attirer. L’animal jappe craintivement.

JENSEN (au chien)

Viens, c’est pour toi… Allez, n’ai pas peur.

Le chien ne résiste pas et s’approche en remuant la queue. Jensen assomme l’animal avec une barre en fer qu’il cachait derrière son dos.

Jensen dépèce une cuisse du chien et croque dedans avec délice.

SUR LA PLAGE/EXTERIEUR/AUBE

Les vagues déferlent dans un va-et-vient incessant de mousse et de détritus. Jensen dort dans l’épave du bateau. Le professeur Fulcanelli apparaît, en haut de la dune qui longe la plage, c’est un homme d’un certain âge habillé en noir. Il tient un filet à papillon et, en bandoulière, il porte le cylindre à échantillons des chasseurs de lépidoptères. Fulcanelli scrute la plage avec attention. Sur le sable doré est posé un minuscule papillon blanc dont les ailes frémissent dans le vent. Le professeur s’approche doucement, le filet en l’air, pour capturer l’insecte. Au dernier moment, l’insecte s’envole. Le chasseur le poursuit en courant. Le papillon se pose sur le bastingage déglingué de l’épave où dort Jensen. Le dormeur est emmitouflé dans des cartons et des sacs en plastique ramassés sur la plage. Fulcanelli n’ayant pas vu que l’épave était habitée, grimpe sur le pont et abat son filet sur l’insecte qui une fois de plus s’esquive. Le filet qui manque son but frappe violemment le paquet de cartons où dort Jensen.

Réveillé brutalement, Jensen pousse un grand cri.

FULCANELLI (surpris, sort une arme)

Vous êtes seul ?

JENSEN (terrifié)

Oui.

Fulcanelli regarde aux alentours, suspicieux. Il prend un air dégoûté en voyant les restes du chien consommé la veille par Jensen.

PARC FULCANELLI/EXTERIEUR/JOUR

Au bout d’un grand parc s’élève un chapiteau de cirque adossé à des container reliés entre eux par des escaliers en colimaçon, c’est le manoir de Fulcanelli. Il a sans doute été repeint par des taggers mais cela remonte à plusieurs décennies. Tout autour, pelouses bien entretenues, massifs de fleurs et jardin potager. Des fermiers y travaillent. Ils saluent Fulcanelli et portent un regard soupçonneux sur Jensen qui marche à ses cotés. Les deux hommes avancent le long d’une allée vers le manoir. Le parvis de l’étrange habitation est encombré de tentes et d’abris de fortune. On dirait un camp de réfugiés.

FULCANELLI

Que pensez-vous de mon petit univers ?

JENSEN

…! Vous êtes riche ?

FULCANELLI (éclate de rire)

Oh non ! Je suis seulement protégé par les autorités. Mes recherches sont utiles pour l’avenir. Enfin, c’est eux qui le disent. Je travaille sur la classification des mutations récentes de la faune et de la flore. Vous vous intéressez à la nature ?

JENSEN

Je m’intéresse à tout.

FULCANELLI (étonné)

Que faisiez-vous en ville ?

JENSEN

J’étais le meilleur élève de l’Académie supérieure de peinture.

FULCANELLI

Incroyable !

Suivez-moi jeune homme.

Ils empruntent l’escalier en colimaçon grinçant qui mène aux étages supérieurs de l’habitat préfabriqué. Fulcanelli lève les yeux au ciel et grommelle entre ses dents.

Il s’arrête brusquement au milieu des marches et se retourne presque menaçante vers Jensen.

FULCANELLI

Nous avons surpris notre dernier visiteur en flagrant délit de vol. Maintenant nous sommes sur nos gardes.

Sur le parvis se sont rassemblés plusieurs fermiers, la fourche, la pelle, le sécateur à la main, ils observent avec suspicion Jensen qui gravit l’escalier.

SALLE A MANGER/INTERIEUR/JOUR

Nous sommes au dernier étage du manoir préfabriqué, le plafond en partie effondré est bâché par des toiles en plastique translucide. Le long des murs, des tables de travail sont couvertes d’appareils scientifiques, d’échantillons divers dans des bocaux, de consoles d’ordinateurs éteintes. Sur les cloisons rouillées sont punaisées des photos d’insectes et de détails de plantes inconnues. Ces images sont couvertes de graphiques scientifiques.

Au centre de la pièce, Fulcanelli et Jensen assis autour d’une grande table, finissent leur repas. Jensen englouti tout ce qui reste dans les plats sous l’œil amusé de Fulcanelli. Dans un coin, un fermier semble assoupi.

FULCANELLI (en quittant la table)

Je ne croirai votre histoire qu’en vous voyant dessiner…

Fulcanelli ramasse une feuille et un crayon sur une tablette et les pose devant Jensen. Le jeune homme ne s’arrête même pas de manger.

FULCANELLI

Vas-y ! (il indique un scarabée épinglé sur une planchette) Dessine moi ça.

JENSEN

Ils m’ont expulsé à cause de mes dessins. J’ai plus envie d’en faire.

Le fermier débarrasse la table en bousculant Jensen. Il est manifestement agressif envers lui. Jensen grappille encore dans les assiettes qu’on lui retire.

FULCANELLI

Dommage, j’aurais pu éventuellement utiliser votre savoir-faire.

Fulcanelli arrache une photo du mur et la pose sur la table débarrassée. Comme il n’y a plus rien à manger, Jensen s’y intéresse. C’est une photo 3D de fleur.

JENSEN(en appréciant)

Jolies couleurs.

FULCANELLI

Oui, elle est très belle, mais c’est la dernière. (il montre ses instruments) Ici plus rien ne fonctionne.

Si tu es vraiment un bon dessinateur, j’ai du travail pour toi.

Jensen porte la main à la poche intérieure de sa veste. Croyant le geste suspect, Fulcanelli fait un pas en arrière. En fait d’armes, Jensen sort un tablette tactile à l’écran félé.

JENSEN

Ils m’ont expulsé à cause de ça.

Il le donne à Fulcanelli qui l’allume. C’est l’image de Jensen. Fulcanelli éclate de rire comme la plupart de ceux qui l’ont vu avant lui. Le fermier regarde la tablette par derrière l’épaule de Fulcanelli. Fulcanelli l’éteint.

FULCANELLI (au fermier)

Tu peux y aller.

Le fermier hésite. Fulcanelli le pousse vers la porte.

FULCANELLI (en secouant la blette félée) Ils sont plus vrais que nature. Si vous n’êtes pas fou, détruisez-la ! Nous sommes très tranquille ici…(puis doucement, sur le ton de la confidence)

L’heure n’est plus à ce genre de chose. Il y a énormément à faire avant ça.

JENSEN

C’est un point de vue.

Fulcanelli rend la tablette à Jensen.

FULCANELLI

Si vous ne voulez pas dessiner pour moi, partez tout de suite… On ne veut pas de parasite ici.

Fulcanelli ouvre la porte et montre la sortie. Jensen est surpris par la brutalité de son interlocuteur.

JENSEN

Je vais dessiner pour vous.

FULCANELLI (Il allume une machine et fait signe à Jensen d’y mettre sa tablette). Allez-y… dedans.

Jensen s’exécute. C’est une broyeur hitech. La tablette se transforme en confettis pailletés. Jensen ramasse les confettis, il souffle dans la paume de sa main. Les confettis s’envolent.

FULCANELLI (en essuyant sa redingote noire couverte de confettis)

Les insectes, les plantes, la nature. Voilà la meilleure des sources d’inspiration.

JENSEN

Pour un temps.

ATELIER DU MANOIR/INTERIEUR/JOUR

La pièce pleine d’instruments en panne s’est transformée en atelier de peinture. Jensen est au travail. Il dessine sur une grande toile un papillon dont il copie les détails en étudiant un spécimen à l’aide d’un vidéoscope bricolé. Fulcanelli range les échantillons qui encombrent son bureau. Il regarde avec satisfaction le dessin de Jensen prendre forme.

ATELIER DU MANOIR/INTERIEUR. AUBE

Jensen a passé la nuit à peindre le spécimen. On dirait une photographie tellement l’image est précise. L’aube se lève, Jensen se dégourdit les jambes. Il est ankylosé et s’étire. Il s’approche des baies vitrées de l’atelier qui donnent sur le campement installé autour du parvis. Tout est calme. Il observe le soleil qui irise la ligne d’horizon en écoutant les premiers chants d’oiseaux. Dans le paysage, un mouvement attire son attention. Il prend son videoscope pour scruter la ligne des dunes qui borde la plage. Une colonne d’hommes avance vers le manoir.

BIBLIOTHEQUE/AUBE

Des livres couvrent les murs. Fulcanelli est endormi sur une méridienne, un livre ouvert sur la poitrine. Jensen le secoue.

JENSEN (effrayé)

Professeur… Réveillez-vous !

FULCANELLI

Quoi ! Qu’est ce qu’il y a ?

PLATE FORME DE L’ESCALIER/EXTERIEUR. JOUR

Fulcanelli observe la colonne avec le videoscope. Il déclenche une sirène d’alerte accrochée au-dessus de la porte. Fulcanelli descend quatre à quatre les marches de l’escalier et court entre les tentes du camp en criant.

FULCANELLI

Costigan est de retour ! Costigan est de retour !

Le cri, répercuté par les hommes qui se réveillent, passe de tente en tente. Des enfants frappent dans des casseroles en scandant : Costigan ! Costigan ! En quelques secondes, le village de tentes est en ébullition. Un cortège de charrettes s’improvise et fait route vers la colonne d’hommes qui avance dans le lointain. Jensen suit le mouvement.

RASE CAMPAGNE/EXTERIEUR/JOUR

Les deux colonnes se rejoignent. Effusion de joie. Les gens s’embrassent. Les nouveaux arrivants sont habillés en uniformes de marine. On reconnaît le Capitaine Costigan à sa casquette. À ses côtés, une jeune femme embrasse Fulcanelli. Elle porte un foulard sur la tête à la manière des pirates, un baudrier incrusté de pierres précieuses sur une combinaison de plongée et des grandes bottes en plastique à motifs géométriques. Elle s ’appelle Tahira.

FULCANELLI (en indiquant la jeune femme à Costigan)

Ta fille ?

COSTIGAN

Oui, et elle sait manier le sabre comme sa mère… Fais- moi confiance.

Il mime avec sa fille un combat à l’épée sous les rires de l’assistance.

Fulcanelli apercevant Jensen lui fait signe de venir.

FULCANELLI (aux marins)

C’est Jensen Yukawa, un artiste. (à Jensen, en tapant sur l’épaule de Costigan) Le capitaine Costigan.

Le capitaine Costigan embrasse Jensen comme s’il le connaissait depuis toujours.

COSTIGAN (à Jensen)

Ex-capitaine !

La jeune femme mime un moulinet d’épée sous le nez de Jensen. Effrayé, il fait un pas en arrière et tombe dans le sable.

LA JEUNE FEMME

Tu ne tiens pas sur tes jambes… (en l’aidant à se relever) Je m’appelle Tahira.

PLAGE/EXTERIEUR/JOUR

Le caboteur de Costigan est amarré à un ponton. Les charrettes sont alignées sur la plage. Les hommes vont et viennent, en transportant des marchandises du bateau aux charrettes.

PONT DU CHALUTIER

Fulcanelli et Costigan supervisent le déchargement en faisant le compte des marchandises.

FULCANELLI

Toujours pas de stockage numérique.

COSTIGAN (désolé)

J’ai cherché partout.

FULCANELLI

Et les plaques ?

COSTIGAN

Rupture de stock. Peut-être au prochain voyage…

FULCANELLI

Heureusement, Jensen est là, c’est un très bon dessinateur.

COSTIGAN

A ce point ?

FULCANELLI (non avec la tête)

Essayes d’en trouver. Quels que soient le prix.

COSTIGAN

J’ai une surprise pour toi !… Dans ma cabine.

CABINE DU CAPITAINE/INTERIEUR/JOUR

Costigan ouvre un coffre-fort et sort une boîte conditionnée. Fulcanelli déchire le film de protection avec un grand sourire de convoitise. Elle contient des lentilles optiques.

COSTIGAN

J’ai un service à te demander… Tu sais, à bord, c’est pas drôle tous les jours.

Fulcanelli prend une lentille et l’examine par transparence à la lumière du hublot.

FULCANELLI

Tu as les batteries ?

Costigan ouvre une cantine, il fouille et trouve une boîte blanche qu’il donne à Fulcanelli. C’est un carton de piles conditionnées.

FULCANELLI

La télécommande ?

Costigan montre à Fulcanelli que la télécommande est dans la boîte avec les lentilles.

COSTIGAN

Je préfère qu’elle reste quelques temps à terre. Elle sait faire plein de trucs…

FULCANELLI (en actionnant le jeu de lentilles)

Pas de problème. Elle est ici chez elle. Tu me le vend combien ?

COSTIGAN

C’est un cadeau.

PARVIS MANOIR/ EXTERIEUR/NUIT

au centre du parvis les marins de Costigan jouent une musique entraînante dans la lumière d’un grand feu. Les marins et les fermiers se lancent à tour de rôle des défis qui ressemblent à des chorégraphies acrobatiques. Jensen se promène dans le camp. Il essaye de se brancher sans succès avec les autochtones. Les gens semblent l’éviter. Personne ne lui parle. Les regards qu’il rencontre sont tous hostiles ou fuyants. Il voit Fulcanelli et Costigan au fond d’une tente en pleine conversation avec des femmes hilares. Fulcanelli est saoul, comme la plupart de ceux qui dansent autour du feu.

Jensen, à l’écart, observe Tahira qui plaisante avec des fermiers.

Un duel pour rire s’improvise entre Tahira et un grand fermier costaud. Les deux protagonistes, armés de bâtons se défient au centre d’un cercle de spectateurs très excités. Les bâtons claquent sous les assauts. L’homme a le dessus. Tahira est très rapide, sa technique de combat, très étrange, ne ressemble à rien de connu. Après une feinte de Tahira, l’homme s’écrase au pied des fermiers hilares. Jensen dessine sur son carnet des esquisses rapides du combat. Il ne voit pas que Fulcanelli s’est glissé derrière lui et regarde ses dessins.

FULCANELLI

A votre age, je serais tombé amoureux d’elle.

Le grand fermier costaud, vexé, se relève sous les rires de l’assemblée. Il semble très menaçant pour Tahira. Visiblement, il veut la réduire en miettes.

JENSEN (inquiet à Fulcanelli)

Il faut les arrêter, ça va mal finir.

FULCANELLI

Pas sur. Sa mère était une guerrière Taatshai.

JENSEN

Une guerrière Taatchai, je pensais qu’elles avaient été exterminées pendant la guerre éclair.

L’homme fonce comme un taureau sur Tahira qui l’esquive d’une feinte en lui faisant un croc en jambe. L’homme roule à terre une fois de plus. Elle lui saute sur le dos. Elle le chevauche, cela ressemble à un rodéo. Il réussit à la désarçonner et se jette sur elle. Corps à corps dans la poussière. Tahira immobilise l’homme avec une prise de Tadler. On entend ses cervicales qui craquent.

L’HOMME (en râlant de douleur)

C’est bon ! C’est bon ! On arrête là…

Les duellistes se relèvent sous les applaudissements et se saluent. Le public se disperse. Jensen a dessiné plusieurs images de la scène. Il feuillette rapidement son carnet. La succession des images fait penser à un dessin animé.

FULCANELLI (examine les dessins)

L’art fait partie de l’enseignement Taatchai au même titre que la danse et les techniques de combat. Elle est peut-être sensible à ton talent.

JENSEN (surpris)

Vraiment !

FULCANELLI (farceur)

Tu peux toujours te l’imaginer.

PONTON / EXTERIEUR JOUR

Tahira et des fermiers saluent Costigan et ses marins sur le point d’appareiller. La passerelle est tirée, les amarres sont lâchés.

PLAGE / EXT. JOUR

D’un haut d’une dune, Jensen et Fulcanelli observent de loin le départ du caboteur. Jensen, équipé du videoscope, s’intéresse à Tahira. La jeune fille est restée sur le ponton, elle regarde le caboteur de son père qui s’éloigne. Fulcanelli, pressé, fait signe à Jensen de le suivre. Les deux hommes descendent la dune. Après une marche silencieuse, ils s’arrêtent devant un étrange nid de crabes.

Le professeur Fulcanelli sort de son sac l’appareil offert par le capitaine Costigan. C’est un instrument optique qui permet de visualiser des agrandissements in vivo. Il pose un élément sur le nid et dispose une série de lentilles et de miroirs tout autour. Selon les angles, les images se diffractent. On peut même avoir une vue souterraine.

Les deux hommes tournent autour de l’installation optique.

JENSEN

Vous voulez toutes les vues ?

FULCANELLI

Non ! Seulement cet axe. Nous avons trop de retard. Demain nous étudions un nouveau périmètre.

Jensen installe son chevalet de campagne. Les crabes grouillent en gros plan dans une loupe du système.

PERIMETRE / EXTERIEUR. JOUR

Le périmètre est une zone luxuriante quadrillée par des câbles tendus qui limitent l’espace d’étude comme pour des fouilles archéologiques. Des tours construites en échafaudage dominent les quatre coins.

Partout des fermiers s’activent, prélèvent des échantillons et font des annotations. Les mutations sont visibles à l’œil nu sur la plupart des spécimens. En gros plan, un hanneton bicéphale est emprisonné dans un tube à essais. Jensen pénètre dans le périmètre. Il porte sur son dos un chevalet de campagne et sa boîte à peinture. Fulcanelli, en haut d’une tour, supervise les recherches. Il appelle Jensen.

FULCANELLI

Jensen ! Par là !

Il lui indique par geste, le meilleur moyen pour le rejoindre. Jensen remarque Tahira qui cueille des fleurs dans un champ avec d’autres jeunes filles. On dirait une scène de récolte. Elles scandent le rythme régulier de la cueillette en chantant.

SUR LA TOUR DU PERIMETRE / EXT. JOUR

Jensen découvre la vue d’ensemble du périmètre. L’implantation de la végétation semble artistiquement préméditée. La couleur des fleurs balayées par le vent se diffractent à chaque ondulation. L’air est rempli du chant des jeunes filles.

FULCANELLI

J’ai étudié cette zone pendant un mois avant d’avoir l’idée de construire les tours. La vision du site est très différente d’ici.

Jensen observe Tahira. Il écoute Fulcanelli d’une oreille distraite.

JENSEN

Oui !… Oui !…

Tahira arrête sa cueillette pour se désaltérer à sa gourde. Elle regarde en haut de la tour et croise le regard de Jensen. Le peintre détourne les yeux.

FULCANELLI

Vous semblez distrait. Quelque chose ne va pas ?

JENSEN

Non, tout va bien !

Il fait semblant de s’intéresser à la vue.

JENSEN

C’est magnifique !

FULCANELLI (enthousiaste)

Il y a de très fortes variations de couleurs. Je n’arrive pas à expliquer le phénomène. Notre œil est un bien pauvre outil pour étudier des variations chromatiques aussi complexes.

JENSEN

Peut-être en dessinant très rapidement avec des indications de couleurs. Je finaliserai après.

FULCANELLI (autoritaire)

Non ! Je préfère peu d’images très précises à des croquis approximatifs. Vous ne pourrez pas vous empêcher de réinterpréter les couleurs si vous travaillez hors du site.

JENSEN (un peu irrité)

Vous avez raison.

Un fermier appelle Fulcanelli du bas de la tour.

LE FERMIER

Professeur ! Tout est prêt.

FULCANELLI (au fermier)

J’arrive !

Jensen, rêveur, regarde Tahira. Fulcanelli voit que c’est la jeune fille qui distrait son assistant. Il secoue le peintre en grimaçant.

FULCANELLI

Au travail !

EN BAS /EXTERIEUR JOUR

Des fermiers installent des balises de repérage pour quadriller une nouvelle zone. Dans le périmètre, les hommes et les femmes vont et viennent, concentrés sur leurs taches. Fulcanelli encourage les membres de son équipe en passant de groupe en groupe. Du haut de la tour, il ressemble à un bourdon butinant des fleurs.

EN HAUT DE LA TOUR / EXTERIEUR JOUR

Jensen, une image bien avancée sur son chevalet, marque une pause. Il cherche Tahira dans le groupe des cueilleuses. Ne la voyant pas, il scrute le paysage avec le videoscope. Dans son dos, Tahira arrive en haut de la tour et lui tape sur l’épaule.

TAHIRA

Je suis là !

Surpris, Jensen lâche le videoscope qui tombe dans la végétation.

TAHIRA

Toi ! T’es tout le temps en train de m’espionner.

JENSEN, confus,

Moi… !

Il se remet en tremblant à son tableau et regarde le paysage pour le copier. Tahira se place entre lui et son sujet.

TAHIRA

Ton petit manège n’est pas discret.

Jensen essuie son pinceau avec un chiffon.

JENSEN (en baissant les yeux et en rougissant)

J’ai tout le temps envie de vous dessiner.

TAHIRA (surprise)

Me dessiner… Comme si j’étais un insecte. (elle regarde le dessin de Jensen) ou un paysage. Quelle drôle d’idée…

En tournée à travers la France

Une caravane de sensibilisation pour les jeunes en quête de projets d’avenir a entamé, mercredi, une tournée à travers la France. L’opération, dont le coup d’envoi a été donné depuis la Porte des Lilas à Paris, est organisée par le Cirque Électrique avec la contribution de la Direction du travail, de l’emploi et de la Sécurité sociale.

L’objectif de cette initiative est de présenter aux jeunes diplômés des universités et des établissements de formation professionnelle, insuffisamment informés, les avantages de la vie d’artiste.

« Des images terriblement choquantes en 3D. »

La réaction de Paris n’a pas tardé, lundi, après la diffusion du dernier clip du groupe Ithak sur YouTube montrant la trapéziste Tarzana exécuter froidement son numéro sur l’air de « Je fly ». Une réunion s’est tenue lundi après-midi à l’Élysée, avec notamment le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, le ministre de la Défense,Jean-Yves Le Drian, et le chef d’état-major des armées, Édouard Guillaud, juste après l’annonce de la diffusion de cette vidéo.

Le Premier ministre, qui venait de quitter l’Élysée à l’issue d’une réunion ministérielle sur les finances publiques, est revenu au palais présidentiel vers 17 heures. Jean-Yves le Drian, l’amiral Édouard Guillaud et le secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, Francis Delon, ont également franchi les portes de l’Élysée pour cette rencontre, qui n’était pas annoncée à l’agenda du chef de l’État. Tous ont quitté le palais présidentiel après environ une heure.

Le Cirque Electrique propose une attraction à « monter soi-même ». Comment ça marche ? On choisit son chapiteau, son numéro et hop ! Ils arrivent à la maison.

  • Trois modèles d’attractions à taille modulable : Trapéze Contorsion, Hoola!hoop Expérience, Rola-rola Sensation. Derrière ces noms se cachent trois ambiances de cirque différentes.
  • Pour vous guider dans votre choix : des photos, une description détaillée des numéros ainsi que la liste complète des accessoires qui vous seront livrés. Ensuite, il suffit simplement de sélectionner la taille de son chapiteau parmi les trois formats disponibles : 50 m², 105m² ou plus selon vos possibilités d’aménagement.

    Pour que votre installation se passe dans les meilleures conditions, trois formules de livraison sont proposées. Vous pouvez choisir d’installer tout vous même : à vous alors de vous débrouiller avec les plans, notices et conseils d’installation. Pour les moins aguerris, vous pouvez vous assurer les conseils d’un directeur de cirque qui vous accompagnera pendant l’installation.
Et pour ceux qui n’ont pas de temps du tout : une équipe prend en charge la réalisation complète de l’attraction.

 Tous les matériaux manufacturés sont sélectionnés selon une politique de respect de l’environnement.

Cette proposition est limitée à la France métropolitaine (six à dix semaines de délai de livraison).